Directeurs d’EHPAD : quasiment un sacerdoce

Les directeurs d’EHPAD sont dans l’œil du cyclone depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus, COVID-19. Ecartelés entre leur devoir de protection des résidents et leur volonté de maintenir le bien-être de ces derniers. Voici un petit tour d’horizon d’une fonction multi-casquettes qui demande écoute, disponibilité, implication et rigueur.

Qui sont ces directeurs d’EHPAD :

A écouter les spécialistes, les directeurs d’EHPAD ont tous les pouvoirs :

  • Pas tout à fait vrai,
  • Pas tout à fait faux.

Certes, ils bénéficient de pouvoirs étendus, mais qui ne sont ni sans limites, ni sans contrôle. Les directeurs d’EHPAD dépendent en effet de différentes instances. On parle là de la direction départementale de la cohésion sociale, de l’Agence régionale de santé et du Conseil départemental.

Les inspections concernent les résidents, leur santé, leur sécurité, leur bien-être moral et physique, leurs droits, et l’établissement. Que ce soit en termes d’existence et d’effectivité de projet d’établissement, de règlement ou de livret d’accueil.

Mais revenons sur les prérogatives des directeurs d’EHPAD. On pourrait les classer en deux catégories : humaines et structurelles. C’est ainsi que les visions de ces humains qui occupent ces fonctions peuvent diverger du tout au tout.

Interlocuteurs privilégiés pour les résidents

Commençons par définir la fonction :

Les directeurs d’EHPAD assurent la gestion d’établissements accueillant des personnes âgées en perte d’autonomie ou totalement dépendantes. La définition fournie par les sites d’emploi spécialisés s’avère à la fois claire et floue. Concrètement, ils pilotent aussi bien les enjeux médico-sociaux et humains de la structure que sa gestion administrative, financière et logistique.

Sur le plan humain, les directeurs d’EHPAD constituent des interlocuteurs pour les résidents. Ils statuent sur les demandes d’admission et garantissent la liberté de choix de résidence de leurs futurs pensionnaires. A ce titre, ils vérifient, à leur arrivée, qu’ils sont bien en accord avec leur hébergement. Tout au long de leur séjour, les directeurs d’EHPAD leur assurent le respect du contrat d’hébergement. Même face à des résidents sous tutelle, ils ne peuvent interdire les visites sans motiver les décisions.

Mais l’aspect humain ne concerne pas que les résidents. Les directeurs d’EHPAD sont de véritables chefs d’entreprise. A ce titre, ils sont responsables de la gestion des ressources humaines, en termes de recrutement, de formation et de paie. Ils synchronisent le travail de l’ensemble du personnel soignant et administratif et gèrent leurs plannings. Ce sont des managers aguerris qui ont tout intérêt à soigner la cohésion de leurs équipes. Parallèlement, on leur demande aussi d’être de bons gestionnaires financiers et gestionnaires techniques.

En effet au-delà la simple gestion de l’équipe le directeur doit gérer :

  • Le bâtiment : il doit s’assurer des renouvellements en matière d’investissements, comme de maintien des locaux. Les travaux d’entretien sont sous sa responsabilité tout comme les travaux de rénovation, et les travaux liés à la sécurité incendie.
  • La finance : le directeur d’EHPAD doit-être un excellent gestionnaire financier quel que soit le statut de son établissement. En effet, son budget doit á minima être équilibré voire bénéficiaire afin d’investir. Cet enjeu économique est celui qui donne le plus de difficulté aux directeurs, car il donne de lui une vision inhumaine. Mais c’est pourtant une mission essentielle qui garantit l’emploi, et la sérénité de l’établissement.

Managers engagés et impliqués

Les directeurs d’EHPAD ont une structure à faire fonctionner. Ils s’occupent de la mise en place des prestations de service, sélectionnent les fournisseurs. Ils veillent à l’entretien du patrimoine de la structure et sont appelés à vérifier les règles d’hygiène et de sécurité. Responsables de la gestion des risques, leur responsabilité est en effet engagée en cas de dysfonctionnement.

Sur un plan plus général, les directeurs d’EHPAD évaluent les bonnes pratiques professionnelles et la qualité des services de l’établissement. Que ce soit au niveau de la prise en charge médicale, des soins, de la restauration, du logement ou de l’animation. Force de propositions, ils définissent et mettent en œuvre les différentes politiques des établissements qu’ils dirigent.

On ne peut cependant réduire le rôle des directeurs d’EHPAD à leurs fonctions administratives. Ce sont avant tout des femmes et des hommes engagés, impliqués et disponibles qui n’hésitent pas à monter au créneau. Preuve en est, leur intervention en août au travers de l’AD-PA, une des association qui les regroupe, auprès du gouvernement. Alors que la deuxième vague du coronavirus n’avait pas commencé, ils ont demandé un renforcement des effectifs.

Et ils ont milité pour le renforcement de leurs équipes par des emplois complémentaires et des emplois aidés. Enfin, conscients de la détresse de leurs résidents face à cette pandémie, ils ont sollicité pour eux un meilleur suivi psychologique. Quand on évoque le rôle des directeurs d’EHPAD, on peut donc parler de véritable sacerdoce. Et donc de vocation.

Plus d’information :